DIBAB organise des votations citoyennes pour donner la parole aux citoyens sur l'avenir institutionnel de la Bretagne

   
     Call 24 Hours: 1.888.222.5847
,
Gouel mat da...
Bonne fête aux...

« pays de l’ethnocide »?   arrow

[ La France,

« pays des Droits de l’Homme »… ou « pays de l’ethnocide »? ]

Alors que le génocide vise à la destruction physique d’un groupe humain, l’ethnocide consiste à l’éradication de ses caractéristiques culturelles.

Ainsi la France s’est construite sur la négation de deux réalités, celle des peuples et communautés qui la composent et celle de la culture populaire dont l’existence même ne pouvait être conçue par des élites imprégnées de leur supériorité.

L’historienne Suzanne Citron précise :  » les députés révolutionnaires appartenaient à cette élite que l’ordre royal avait francisée par l’usage de la langue du roi et l’accès à sa culture. Ils étaient portés par l’idée très optimiste que la
Révolution permettrait de  » régénérer  » la France et les Français.

Régénérer, c’est à dire rendre toutes choses et tous les êtres  » nouveaux « . (1)

Dans cet objectif, les jacobins, dignes successeurs de l’absolutisme royal, ont confisqué la Révolution à leur profit.  » En remplaçant le roi par la nation, les révolutionnaires continuèrent de penser à un pouvoir qui ne pouvait se diviser. Ils proclamèrent que la  » souveraineté  » était  » une « ,  » indivisible  » comme l’était la royauté « dit encore S. Citron. (2).

Et c’est dans une Europe où le français était aussi la langue d’une élite dans les cours royales, que l’abbé Grégoire présenta son  » rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser l’usage de la langue française ».

Le rapport Barrère au Comité de Salut Public (1794) affirmait :  » le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ; l’émigration et la haine de la République parlent allemand (alsacien) ; la contre-révolution parle italien (corse) et le fanatisme parle le basque. Cassons ces instruments de dommage et d’erreur « .

Ainsi était posé le principe de la supériorité de la langue française sur les autres langues désignées du terme de  » patois « , la langue française étant proclamée  » langue de la liberté « . Ce principe est étendu au monde entier et sert à justifier le colonialisme. Jules Ferry déclarait le 25 juillet 1885 :  » les races supérieures ont un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures « . Emile Zola s’exclame :  » j’appelle de mes vœux le jour rêvé où toutes les forces collectives se seront fondues dans une grande patrie, où il n’y aura pas de frontières, où la langue française aura
conquis le monde « .

L’homme concret, dans sa personnalité et son identité est nié, comme l’existence même de peuples, langues ou cultures différentes en France, mais aussi dans l’ensemble de l’empire colonial, si ce n’est pour les considérer comme des peuples ou des cultures inférieures. L’interdiction des langues autres que le français à l’école, dans l’administration, l’armée, à l’église même et dans les media contrôlés par l’Etat assurent effectivement à la seule langue française et au groupe culturel qui la porte, une supériorité sans partage. A court terme, l’assimilation à la langue et la culture dominante devient
le seul moyen de survie et les langues et cultures populaires, réprimées, dévalorisées,  » inutiles « , voire  » handicapantes  » sont rejetées..

(1), (2) – L’histoire de France autrement. – Suzanne CITRON – Editions de l’atelier/Editions ouvrières, 1992.

< Quelle reconnaissance ?

La résistance bretonne ? >